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Dans les lavandes de Provence



Mille mercis à l’équipe L’Occitane d’avoir permis ces découvertes, et à Olivier Baussan en particulier !

La lavande chez L’Occitane

Le Fonds de Sauvegarde de la Lavande de Provence

Je porte une robe Asos et mes sandales Aldo que je traîne depuis des années, et une nuisette Ted Baker pour la piscine
(on dirait que je ne porte plus que des vêtements de nuit en toutes circonstances ;-))

Les chroniques de Patricia : Back dans les bacs

« 5 heures du mat’ j’ai des frissons, je claque des dents, je monte le son : France Inter, vous écoutez le 5/7. Où suis-je déjà ? J’entends les éboueurs. Il est 5 heures, Paris s’éveille et depuis quelques mois, c’est à Paris que je me réveille.

Il y a un peu plus de 15 ans mon mec et moi et moi on a parlé d’aventures. Je lui ai dit, allons voir là bas où tout est rose et tout est sauvage. Il m’a répondu, prends moi la main, viens danser et nous étions partis ensemble pour une drôle de vie. Pendant 15 ans j’ai écouté la vie française en différé. Les programmes du matin l’après- midi ou le contraire. Un temps à l’est, un temps à l’ouest. Trois continents et trois enfants plus tard je suis rentrée au village. J’avoue que j’ai trainé des tongs quand on a pris la décision de rentrer au bercail. J’étais comme un enfant, j’avais envie et pas envie. C’est bien la vie loin, on se sent différent. Différent là-bas parce qu’on est d’ici et différent quand on revient ici de temps en temps, parce que justement on vit là-bas. J’avais la trouille de perdre mon exotisme et aussi un peu les jetons de ne plus me sentir chez moi. A force d’essayer de s’intégrer ailleurs, on trahit forcément un peu d’où on vient.  Paris allait-il me reconnaître ? Et moi est-ce que j’allais m’y retrouver?

Ça fait bientôt un an que je me balade sur l’avenue. Oui, je suis d’ici. Oui Paris m’a reconnue et notre amour est réciproque.

C’est à Paris que je croise des amis d’enfance par hasard dans le métro, à Paris que ma fille me parle d’un pote qui se trouve être le fils d’un garçon qui était dans ma classe en troisième. C’est ici que je peux montrer à mes enfants les endroits cachés où leur père et moi, étudiants, on se bécotait.

J’ai longtemps été une pierre qui roule… Je trouvais ça follement pratique cette vie d’errance. Je pouvais me réinventer à chaque étape et je n’avais pas franchement besoin de m’engager, de toutes façons j’allais partir. L’année dernière, on s’est réuni en conseil familial et on a pris des billets retour. On a préparé la rentrée au collège français en regardant la boum et la boule au ventre on a emballé la maison pour la 10ème fois en 15 ans. On a beaucoup pleuré dans les bras des amis pour la vie que nous avons semés comme des petits cailloux à travers le monde et enfin embarqué pour de nouvelles aventures sur nos terres ancestrales. J’y vais mais j’ai peur et pour avoir moins peur,  j’ai considéré Paris comme une nouvelle destination exotique. Après tout, à chaque fois que je disais à mes amies autochtones que j’allais rentrer, leurs yeux brillaient : « Aaaaaah Pariiiiiis !!!!! » Si elles voyaient Paris comme ça, pourquoi pas moi ? C’est vrai que les touristes ne prennent pas souvent le RER A, mais « Paris oh la la » quand même. Et mes amies de toute la vie, mes soeurs m’envoyaient des messages avec des cœurs qui disaient « j’y crois pas, tu vas revenir ! ». Pour ça, je voulais bien prendre le RER A.

En 15 ans j’avais laissé quelque part au dessus de l’atlantique mon armure de parisienne pressée et toujours légèrement contrariée. J’avais gagné l’indolence tropicale, à commencer par la démarche lente, le port altier et le sourire permanent. Passer plus de deux heures à la caisse d’un super marché rend patient et se confronter aux administrations les plus kafkaiennes du monde enseigne la tolérance et le pasito a pasito, suave suavecito.

Est ce que ma version de « la garota de Ipanema » a survécu au choc thermique ? Oui. On peut avoir froid dans les tongs, le soleil est dans le cœur et la chaleur dans les gestes.

Je suis une parisienne transformée, modelée par l’ailleurs. Parfois je marche comme une p’tite lady gare Saint Lazare, on dirait que le monde est à moi quand je me promène. D’autres fois, les soirs de pluie et de brouillard, j’ai le regard baissé sur le trottoir usé et je me demande ce que j’ai fait de ces années. Mon CV est un gruyère et mes enfants ne savent pas répondre quand on leur demande ce que fait maman. Maman est déménageur, psychologue, traductrice, élève, prof, critique d’art, éditorialiste politique, artisan, princesse, DRH, danseuse, « operations manager » (la façon chic de dire que je suis l’intendance, celle de Napoléon qui veut conquérir le monde, t’inquiètes pas chéri, l’intendance suivra et l’intendance c’est moi).

Les clichés ont la peau dure et pour beaucoup, pour ceux qui ne savent pas, 15 ans sous le soleil c’est 15 ans passés à se faire les ongles tout en se dorant la pilule. Par chance, la vie nous a promenés dans des endroits exotiques et ensoleillés. Mon mari n’est pas surfeur, même s’il sent bon le sable chaud et je suis souvent obligée de sourire poliment quand on me lance « c’était bien la belle vie ? Peinard ? Ca doit te faire tout drôle ce retour à la réalité ? »

Ma réalité là bas, c’est un paquet de mois passés à détricoter le programme initial. Non, je ne travaille pas, oui je dépends financièrement à 100% de mon mari, pas facile à assumer quand on a été élevée pour être une working girl. Mais un jour, j’ai réussi à appuyer sur la touche ‘reset’ et assumé cette nouvelle situation. Ce n’est pas parce que j’étais une housewife que je devais être desperate. Je n’aurai peut-être pas une grande carrière, mais j’avais des années d’avance sur le planning : j’avais LE TEMPS. La plus grande des richesses. Le temps de regarder mes enfants pousser et de voir les idées germer.  J’ai vécu 1000 vies. Aujourd’hui j’entame la mille et unième, sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu et les lunettes de soleil vissées sur le nez comme ça je ne vois pas les nuages quand il y en a. Si un jour vous voyez au loin une fille qui marche lentement, en souriant béatement et en s’emplafonnant les lampadaires (parfois il y a quand même beaucoup de nuages et je ne vois pas clair derrière mes lunettes), vous saurez que c’est moi. »

L’apaisement à Avène

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Partenariat rémunéré avec Avène

Pour en savoir plus sur l’histoire d’Avène, vous pouvez aller voir cet article que j’avais fait il y a un peu plus de 2 ans.

Pour voir plus de photos de l’hôtel, vous avez celui-ci datant d’il y a 3 ans, donc la dernière fois que j’y étais allée avant cette année.

Pour plus d’infos sur la station thermale et la Sensicure, vous avez cette vidéo que j’ai faite il y a 8 ans (!!).

On ne peut plus aujourd’hui filmer l’usine et la chaîne des aérosols d’eau thermale, ce que j’avais pu faire il y a 8 ans.

Et enfin mon article sur mon tout premier séjour à Avène, il y a 11 ans (je sais les photos ont sauté, j’ai changé pas mal de fois d’hébergement pour mon blog entre-temps – mais c’est rigolo à lire 😉 ! (ici c’était il y a 9 ans et il y a des photos).

Tant qu’il y aura des tongs, par Val l’Expat

(une de nos maisons. La cinquième je crois)

« [Bon, je ne trouve pas de titre tout froufrou et sympatoche du coup j’ai pensé à « Tant qu’il y aura des tongs ».
Vu que c’est le dress code ici. Moi qui ai du mal avec les pieds des gens… 🙂 Ce pays est trop fait pour moi. Plus ça va et plus je me questionne sur mes choix de vie.
On a grosses pluies tropicales, là, j’envoie le mail avant la prochaine coupure.]

*DISCLAIMER – Tout ce dont je parle est mon expérience propre. Je vis dans une petite ville de l’Etat de Rio de Janeiro, Saquaréma. Mon expérience ne résume pas tout le Brésil et mon but n’est pas de blesser ou vexer les brésiliens.

Il y a presque sept ans, j’ai tout plaqué et j’ai changé de vie.
J’ai pris mon sac, mon chien et un billet pour le Brésil.
Pas par hasard le Brésil, je suis partie en emmenant Giu, ma meilleure amie/roommate qui est brésilienne et son chien.
Pourtant au départ le Brésil c’est pas mon truc. Moi mon idéal c’est plutôt un pays froid au bord de l’eau.
Mais bon, les circonstances ont fait que ça a été le Brésil.
J’ai débarqué le 1er octobre 2012 dans la fournaise et j’ai pris d’amblée un coup de soleil cloqué de fou pour fêter ça.
Le Brésil c’est un choc. Violent. La chaleur, les odeurs, le bruit. J’étais pas préparée du tout, j’ai tout reçu de plein fouet.
Je m’attendais à rien, j’ai pas été déçue.
Quand tu viens en vacances c’est la carte postale. Les plages, la musique, le sourire des gens et les noix de coco, c’est cool.
Quand tu viens pour y vivre, tu tombes lourdement du côté timbré de la carte postale.
Même après presque sept ans, je vis dans un état d’effarement perpétuel.

« Mais Giu, tu la connais la nana de la banque qui t’embrasse ?
– heu non
Ah bon… Et la pharmacienne qui vend des chips et le mec de Casas Bahia pour la machine à laver tu les connais ?
– heu non plus. »
*note à moi-même : va falloir intégrer l’embrassade culturelle.

On a déménagé huit fois, un peu partout dans l’état de Rio de Janeiro.
Dans des petites villes parce que Rio c’est quand même trés trés moche et cher.
« Mais Giu, la maison là elle est pétée quand même, ça va pas le faire.
– En fait elle est pas complétement finie de ce côté.
Et l’autre côté ?
– Pétée, les termites.
Oh hey, regarde, rigolo, tu peux me passer le rouleau de PQ sous la porte de la salle de bain si je suis en rade, il y a la place!
– Yep, il y a aussi la place pour te passer le courrier entre la fenêtre et le mur. Pratique ! »

Et les dialogues surréalistes.
« – Alors la dame du condo (résidence fermée sécurisée, gated community), elle dit qu’il faut faire attention aux gambas en jetant les poubelles dans le container.

– Oui, parce que on peut se faire mordre.
… Y’a du danger avec les fruits de mer ? C’est violent le Brésil…
– Mais elle dit que comme on a les chiens, ça va, les gambas entreront pas dans la maison.
… Ok, donc niveau drogues ça se passe bien on dirait, non ? »
* Note à moi-même: Se souvenir que camarrão = crevettes, et gambas = opposums – et que macaron (macarrão) c’est des pâtes, désolée.

Et les différences de traitement.
« – Donc la dame demande à quelle église on va.
Ouhla ! Je vais à zéro église et c’est pas demain que ça va changer, pourquoi elle demande ça, elle vend des canapés.
– Oui mais c’est un magasin tenu par des évangélistes, si tu fais partie t’as une grosse réduc.
Ah. Dis-lui une église alors.
– Non trop tard, tu parles anglais elle croit que t’es américaine. »

La religion omniprésente.
Envahissante.
« Bonjour Monsieur chauffeur Uber, tu peux nous emmener au supermarché ?
– Sûr. Vous êtes d’où ? Evangéliste ? Spiritiste ? Catholique ?
Heu… de France. Juste pour le supermarché, c’est pas important, si ?
– AHAHA non. Mon arrière grand-père est italien et ma cousine par alliance est portugaise. J’étudie pour être pasteur. »
Note à moi-même : Regarder le chapelet et les médailles qui se balancent au rétroviseur pendant qu’on roule donne mal au coeur.
« Hey t’as vu, le flic il avait un crucifix sur son bureau et le cartorio (genre de notaire où tu fais tamponner tout et n’importe quoi tout le temps) une grosse statue de la Vierge dans la salle d’attente.
– Oui. Normal.
… »
Note à moi-même: Rester zen en voyant les signes religieux dans tous les bureaux et commerces.

Le fichage systématique de la population avec un numéro CPF qui te suit toute ta vie et qui ne sert à rien d’autre qu’à ça.
« Pourquoi elle me demande mon CPF, je veux juste acheter un pot de CeraVe pour une fois que j’en trouve.
– Garde-le à portée de main, on va te le demander pour l’aspirateur aussi. »
*Note à moi-même : Se faire tatouer cette saloperie sur le front.

Les coupures d’électricité.
« Ça fait quatre fois que je recommence mon texte pour Hélène, j’en ai marre.
– C’est parce qu’il y a du vent. »
Variante : c’est parce qu’il y a maintenance, touristes, pluie, que le manguier touche les fils, etc etc etc.
Note à moi-même : Respirer et sauvegarder.

Mais aussi.
Claudio et Wagner, nos voisins, nous donnent des fruits quand ils vont au marché.
Une dame âgée dans la rue me dit que je suis belle.
Le chauffeur Uber dit qu’on le paiera un autre jour si on n’a pas la monnaie.
La proprio nous téléphone pour savoir si on se plait dans la maison.
Les gars qui construisent la maison au bout de la rue, viennent nous réparer la douche juste parce qu’ils savent le faire.
Les gens sourient dans la rue. Ils parlent fort mais ils rient beaucoup.
La vendeuse fait tous les efforts possibles pour comprendre mon langage à base de gesticulations et de sémaphore.
Les meilleurs fruits du monde qui ne passent pas par le frigo.
Les petits singes dans l’arbre devant la maison.
Les fleurs incroyables et les colibris.
Les fruits et légumes non calibrés.
Les glaces au maïs.
L’océan, sans chichi, brutal et magnifique.

Mais aussi.
Pas d’eau chaude dans les cuisines, un système électrique pour la douche.
Pas de radiateurs pour chasser l’humidité dans les maisons non isolées quand il pleut pendant deux mois.
Aucun livre autre que religieux.
Pas d’activité culturelle.
Aucun produit cosmétique autre que Boticario et Natura (chers et ultra basiques) ou des dupes chinoises.
Taxe d’importation qui double voire triple le prix de tous les produits étrangers.
Le peu de choix dans les supermarchés et des sachets en plastique à la pelle.

Si je dois résumer. Le Brésil est un pays attachant et magnifique.
Pour les vacances.
Pour y vivre… Réfléchissez-y beaucoup avant de vous lancer.
Et si vous vous lancez, contactez-moi 😉

Signé : Val’Expat »